30 juil. 2017

Maresi, Maria Turtschaninoff


Parmi ces femmes, elle avait trouvé un refuge.
Aujourd’hui, elles sont toutes menacées. 

Une île invisible depuis la mer, balayée par les vents. Une communauté de femmes, de fillettes, d’anciennes. Une communauté de sœurs. Toutes ont fui la fureur du monde et, parfois, la brutalité des hommes. Et toutes sont venues se placer sous la protection de la magie ancestrale de ce lieu.
Sur cette terre de femmes, Maresi, adolescente libre, avide de connaissance et soucieuse des autres, peut s’épanouir, sans crainte de l’avenir. D’autant que, sur ces rivages, nul homme n’a le droit de poser le pied.
Mais un jour, une nouvelle fille vient demander l’asile.
Qui est-elle ? Et qui la poursuit ?


Je remercie les éditions Rageot pour ce bel envoi.

Je dirais que c'est d'abord l'esthétique de ce roman qui m'a intrigué : sombre avec des illustrations étranges et des dimensions hors-normes (il est vraiment très large !). Hors-norme on peut dire que ce livre l'est aussi. C'est une petite merveille de suspens et de mystères savamment dosés. J'ai aimé partir à la rencontre de ces femmes ayant fait le choix de se retirer du monde et de s'épargner la brutalité des hommes en s'installant sur une île aux secrets bien gardés et aux pouvoirs insoupçonnés. Mêlant réalisme, imaginaire et magie ce roman m'a fait vibrer. Ca faisait longtemps que je n'avais pas lu de roman qui me procurait le sentiment de ne pas pouvoir le classer. 

En effet, j'ai beau essayer je ne pourrais pas le ranger dans une catégorie type : il oscille entre plein de genres et j'adore ça, ne pas savoir où l'auteure m'embarque et me laisser guider à l'aveugle quel plaisir. 

A travers une galerie de personnages attachants, l'auteure nous offre une histoire originale et prenante que j'ai dévoré en un clin d'oeil. J'ai notamment adoré Maresi la narratrice et son côté un peu à part : sa passion pour les livres me l'a rendu tout de suite très proche.

En bref, un roman déroutant, exaltant dans lequel on plonge avec plaisir et dont on ne ressort pas indemne.

Un passage : "Je m'appelle Maresi, fille d'Enre, et je consigne ceci en l'An 19 de la 32ème Mère. Depuis que j'ai rejoins l'Abbaye Ecarlate, il y a quatre ans, j'ai lu presque tous les textes anciens relatant l'histoire de ce lieu. Sœur O dit que mon récit sera joint à ces écrits. Je trouve ça un peu étrange. Je ne suis pas Mère, ni même une sœur expérimentée. Je suis une simple novice. Pourtant, d'après Sœur O, il est important que je témoigne de ce qui s'est passé ici. Parce que j'ai tout vu de mes propres yeux..."

272 pages
14,90 €

18 juil. 2017

♥︎ Challenge 100 pages par jour ♥︎



(non ce gif n'a pas de lien clair avec le sujet, je l'aimais bien c'est tout, après tout je fais ce que je veux c'est mon blog)

Oyé oyé braves gens
Depuis le temps que je voulais rédiger cet article, je me dois d'être un peu solennelle (si si vraiment).
Comme le titre vous a déjà magistralement spolié je vais faire abréger l'insoutenable suspens et vous révéler un challenge que je me suis lancée depuis le 12 mai (quand je vous disais que j'avais VRAIMENT du retard). Ce challenge consiste donc à lire 100 pages par jour. 
Voilà vous pouviez y aller cet article est fini... 

En effet, en rentrant d'Angleterre j'ai été saisi d'un certain malaise en voyant l'état de ma pile à lire (le genre de malaise qui ressemble plus ou moins à la sensation de se faire écraser par un montagne si voyez ce que je veux dire)
(je vous met une image au cas où ce ne serait pas le cas)


Parce que ce jour là ma PàL contenait 65 romans soit environ 27 144 pages (oui j'ai compté). 
Ce qui voulait dire que je devais lire sur la période du 12 mai au 31 août 2017, 245 pages par jour si je voulais réduire à néant ma PàL (je suis très forte en mathématiques je sais je sais). Sachant que je lis à la vitesse d'un escargot aveugle et qu'en plus j'ai une vie sociale qui a le mérite d'exister intense, je me suis assez vite rendue compte que 245 pages par jour ça n'allait pas être possible. Qu'à cela ne tienne, j'ai trouvé que 100 pages était un objectif bien plus raisonnable tout en restant ambitieux. Mon objectif était donc de lire 11 000 pages avant le 31 août pour ainsi faire baisser ma PàL de moitié

Mais où que j'en suis me direz-vous ?

Alors...

En mai (sachant que j'ai commencé le 12) j'ai lu : 945 pages
En juin j'ai lu : 1563 pages (pas fameux certes)
Et pour le moment c'est-à-dire au 18 juillet j'ai lu : 2232 (oui j'ai fait une petite boulimie livresque pendant deux semaines)

Ce qui nous fait un total de 4740 pages pour le moment.
Bon. C'est pas si mal, non ? 
Je dirais même que c'est plutôt cool car même si je suis loin de mon objectif ma PàL compte aujourd'hui 51 romans sachant que 5 petits nouveaux se sont tapés l'incruste depuis le 12 mai ! Bref je décrète la danse de la joie autorisée !


Et si par hasard vous souhaitiez vous joindre à moi dans ce challenge n'hésitez pas à me le faire savoir sur Instagram avec le #100pagesparjour et à venir me parler de vos avancées (ici ou ailleurs) ça me ferait grandement plaisir !


Sur ce, je vous laisse je n'ai pas lu mes 100 pages du jour...


8 juil. 2017

Les Dieux du tango, Carolina de Robertis

Février 1913. Leda a dix-sept ans. Elle quitte son petit village italien pour rejoindre en Argentine son cousin Dante, qu’elle vient d’épouser. Dans ses maigres bagages, le précieux violon de son père.
Mais à son arrivée, Dante est mort. Buenos Aires n’est pas un lieu pour une jeune femme seule, de surcroît veuve et sans ressources : elle doit rentrer en Italie. Pourtant, quelque chose la retient… Leda brûle d’envie de découvrir ce nouveau monde et la musique qui fait bouillonner les quartiers chauds de la ville, le tango, l’envoûte. Passionnée par ce violon interdit aux femmes, Leda décide de prendre son destin en main. Un soir, vêtue du costume de son mari, elle part, invisible, à travers la ville.
Elle s’immerge dans le monde de la nuit, le monde du tango. Elle s’engage tout entière dans un voyage qui la mènera au bout de sa condition de femme, de son art, de la passion sous toutes ses formes, de son histoire meurtrie. Un voyage au bout d’elle-même.


Tout d'abord, je remercie les éditions du Cherche-Midi pour cette sublime découverte.


En me plongeant dans ce roman j'étais loin d'imaginer le délicieux moment de lecture que j'allais vivre. Si les premières pages m'ont paru assez lentes, je me suis rapidement habituée au style relativement "lourd" de l'auteure. Je n'ai pas trouvé de terme plus adapté que "lourd" mais il ne faut pas le prendre comme péjoratif : c'est simplement que l'auteure utilise un vocabulaire sombre et des phrases longues. Donc ne paniquez pas, on est très loin de la lourdeur de Flaubert (pardon pour ses admirateurs) ça se lit très bien, il a simplement fallu que je m'adapte, notamment aux changements de narration. En effet, chose jamais vue pour ma part, l'auteure passait du "je" au "elle" au gré du roman (je ne m'en suis rendue compte que vers la fin, c'est dire si j'étais absorbée par le roman !)

Il faut dire que tous les ingrédients étaient réunis pour que que je tombe amoureuse de cette histoire : un mystère savamment entretenu, une héroïne complexe, de l'amour, de la passion à ne plus savoir qu'en faire et cette furieuse envie de vivre... mon Dieu que de perfection. Leda m'a tellement plu, je crois avoir rarement autant aimé un personnage (à part peut être Gabrielle dans Le goût du bonheur de Marie Laberge). Leda c'est de la fougue à ne plus savoir qu'en faire mêlée à une peur terrible de mourir et à tout un cocktail explosif de sentiments contradictoires. Carolina de Robertis a réussi à la rendre si vivante que c'était presque physiquement douloureux de la voir lutter et se sacrifier pour sa vie.


En bref, Les Dieux du tango est un roman délicat, qui vise juste et tranche comme une lame acérée s'enfoncerait dans un coeur tendre. A lire !

Un passage : "C’est ce qui arrive aux mélodies : elles se perdent dans l’air, comme les souvenirs. Et comme le corps. Les souvenirs, les mélodies et le corps disparaissent après notre mort. Mais un instrument n’a rien à voir avec un corps mortel. Oh non. Comme l’âme, l’instrument reste."



22€
504 pages